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La consultation

Toute Reproduction Interdite
Épisode 02
Une fois la décision prise, vient l’étape de la consultation chez un‧e urologue afin de présenter le projet et le réaliser. Ce fut une rencontre chargée d’information que je vous retranscris.
L’intention de ce podcast est d’éveiller (ou réveiller) en vous des questions. Afin de permettre une accessibilité et une inclusivité maximales, vous trouverez ci dessous l’intégralité du script de l’épisode. Même si je vous invite évidemment à l’écouter si possible.
Toute reproduction interdite - Podcast sur la vasectomie

Transcription de l'épisode

Avant :

24 juillet 2019, visite à l’hôpital où j’ai eu ma première consultation avec l’urologue pour lancer la procédure, obtenir des informations et découvrir un petit peu plus en détail comment tout cela allait se dérouler.

J’avais vraiment hâte de voir l’angle qu’allait prendre la conversation, quelles étaient les questions qu’il allait me poser, quelles étaient les contraintes et impératifs pour cette démarche. Je n’étais pas du tout inquiet concernant la procédure en elle-même, mais plutôt concernant l’échange que j’allais avoir avec l’urologue et l’éventuelle complexité d’obtenir son accord pour l’intervention, les questions concernant ma motivation et si ma situation satisferait ses critères.

J’avais donc hâte de voir comment cela allait se passer, et c’est assez étrange de penser qu’une personne qui ne savait à cet instant rien de moi, allait décider quelques dizaines de minutes plus tard si oui ou non je pouvais me faire stériliser. Il faut des garde-fous , mais c’est un peu infantilisant. Je ne suis ici que pour une petite vasectomie de confort, mais cela fait écho à beaucoup de témoignages de disposant d’un utérus, souffrant le martyre à cause de lui et auxquelles les médecins refusent une ablation, car elles devraient encore pouvoir enfanter, même si c’est en vivant dans la douleur. Il y a encore beaucoup de progrès à faire à ce niveau-là.

Après :

Comment s’est déroulée cette première consultation ? Très bien ! J’ai rencontré un urologue très ouvert au dialogue.

Après m’avoir interrogé sur le motif de la consultation, nous avons discuté de mon désir de stérilisation, de ma situation de bientôt quadragénaire, déjà papa, mais célibataire. L’urologue a pris le temps de m’expliquer que pour lui l’âge du patient n’était pas le critère majeur dans sa décision de pratiquer ou non la vasectomie, mais vraiment la situation complète du patient.

Dans mon cas particulier, mon âge et ma paternité ont joué en ma faveur, mais le critère à propos duquel nous avons discuté un moment était que je ne sois pas en couple. Son argument principal étant que si je venais à rencontrer une partenaire désirant un enfant, je pourrais être amené à regretter mon choix. Je l’ai rapidement rassuré en lui expliquant qu’au contraire, la procédure était un avantage dans cette situation. Cela éviterait de laisser une partenaire nourrir un éventuel espoir de me faire un jour changer d’avis vu que cela me serait physiquement impossible. L’argument l’a convaincu.

C’était agréable de pouvoir en discuter librement avec lui, et je dois admettre que certaines questions donnaient parfois l’impression d’être posées par habitude, comme faisant partie d’une checklist.

Nous avons parlé ensuite de la procédure, avec un petit schéma assez basique à l’appui. Très basique, même pas à l’échelle. On comprend pourquoi il a décidé de ne pas se lancer dans le dessin. Il m’a expliqué la procédure en détail. Insistant bien sur chaque détail et répondant à toutes mes questions.

Nous avons ensuite évoqué la possibilité de congeler mon sperme si je désirais un jour avoir un autre enfant via PMA. Ce n’était pas mon cas, mais si je désirais faire congeler du sperme, il y aurait eu un test sanguin au préalable afin de s’assurer de ma fertilité et vérifier que je ne sois pas infecté par une MST ou IST, auquel cas il faudrait évidemment que je me soigne avant.

Enfin, il restait à aborder la réversibilité de l’intervention. Car il est possible de pratiquer une opération réparatrice qui a une probabilité de réussite de 60 à 70%. Une solution de secours intéressante, mais sur laquelle il ne faut pas baser tous ses espoirs. Dès lors, la congélation de sperme, si on ressent ne fût-ce que l’ombre d’un léger doute, me semble vraiment la solution de repli à privilégier.

Concernant la procédure pratiquée, il s’agit de deux incisions dans la bourse, couper les deux canaux déférents qui servent à transférer les spermatozoïdes dans l’éjaculat, cautériser et refermer. Cette procédure est bénigne.

Au niveau du taux d’efficacité de l’intervention, il y a deux chances sur mille pour que les canaux se “réparent” d’eux-mêmes et que la stérilisation, à moyen ou long terme, soit alors un échec. Pratiquer des spermogrammes de contrôle peut être une solution si on est anxieux à cette idée, mais ce taux d’efficacité reste bien plus élevé que tous les autres moyens contraceptifs habituels.

Nous avons ensuite discuté des trois types d’anesthésie possibles afin de choisir celle que je préférais. Une anesthésie locale, une anesthésie de la partie basse du corps ou une anesthésie générale. C’est un choix qui doit être établi au préalable, car l’opération se fait dans un bloc différent s’il s’agit d’une anesthésie locale. De plus, pour les autres types d’anesthésies, il faut rencontrer un anesthésiste au préalable. Hors de question de paniquer à la dernière minute et de finalement demander une anesthésie générale donc, sinon il faut arrêter l’intervention et en planifier une nouvelle.

Finalement, l’urologue a pris le temps d’aborder la question des douleurs et de la gêne qui allait résulter de l’intervention. J’ai trouvé ses explications très abstraites, elles se voulaient rassurantes sans vraiment mettre le doigt dessus (mettre les doigts dessus il ne l’a fait que plus tard, mais nous allons y venir). Je prendrai le temps de vous en parler plus longuement dans les épisodes concernant l’intervention et le suivi post-op en me basant sur mon propre ressenti.

Tout à coup, la conversation s’est détachée de l’intervention. L’urologue s’est appuyé sur son dossier, puis à commencé à parler de choses plus légères comme le fait qu’il trouvait mon t-shirt amusant les nombreuses questions que soulevaient mes tatouages chez lui. J’ai d’abord été surpris de ce changement de ton, mais j’ai immédiatement compris que d’une minute à l’autre ce brave docteur allait jouer avec mes testicules. Le médecin désirait briser la glace avant de me palper. Délicate attention s’il en est vu que nous n’avions même pas eu le temps de prendre un verre ensemble au préalable. Je pense que beaucoup de personnes doivent être tendues (sans mauvais jeu de mots) à cette idée, mais, même si son approche était suffisamment délicate pour moi, certaines personnes pourraient reprocher que l’on quitte le ton plus professionnel du reste de la consultation. Cela apporte une sorte d’intimité de façade dans un moment qui n’a rien d’intime.

L’examen est assez rapide. Il m’a fait une petite démonstration lors de la palpation, en saisissant successivement les deux canaux au travers de la peau. Apparemment, les miens n’étaient pas aisés à trouver. Cela donne un bon aperçu de la sensation que l’on aura au bloc au moment de l’injection d’un anesthésiant si on a choisi l’anesthésie locale. Et une fois la zone anesthésiée, on pourra donc pratiquer les incisions et couper les canaux.

Malgré les questions sur mes antécédents médicaux et familiaux, nous avons pratiqué une écho. Protocole évidemment totalement indolore.

Cette seule consultation a suffi à décider l’urologue à donner suite à ma demande. Je craignais qu’on ne m’impose un temps de réflexion supplémentaire à celui que j’avais déjà eu de mon côté, mais j’ai immédiatement obtenu la date de mon intervention qui était donc le 19 août 2019.

Cette intervention est donc arrivée assez rapidement, un peu plus de trois semaines plus tard, et j’aurais même pu l’avoir plus rapidement si l’urologue n’avait pas été en congé les deux semaines avant. Il y avait un créneau pour le lundi suivant, mais il préférait attendre au moins une semaine entre la consultation et l’intervention pour laisser au moins un certain temps de rétractation (lol), ce qui me paraît totalement raisonnable.

Enfin les informations post-op ;

Il y a une semaine de repos après l’intervention, mais repos dans le sens de ne pas avoir d’activité physique intense. Le travail de bureau est possible dès le lendemain.

Entre deux et trois mois après l’opération, il faut pratiquer un spermogramme de contrôle pour vérifier qu’il n’y a plus de spermatozoïdes dans l’éjaculat. Il faut idéalement avoir eu une vingtaine d’éjaculations entre temps pour se libérer de tous ceux qui pourraient avoir été produits avant l’intervention. Pendant ce délai, il ne faut pas encore se considérer comme stérile et continuer les moyens de contraception utilisés auparavant.

J’ai donc opté pour une anesthésie locale uniquement, car je ne me sentais pas particulièrement stressé par l’intervention. Mais je pense que le niveau d’anxiété du patient à l’idée de vivre l’intervention doit être un facteur déterminant. J’étais donc éveillé et attentif au déroulement de l’intervention pour ne pas oublier de vous en relater les moindres détails.

Mon intervention était planifiée à 14:30 et on m’a demandé d’arriver à 14:00. Je pouvais donc même aller travailler le matin, et à 16:30 je devais être sorti. Ce n’est pas très contraignant, juste un demi-jour de congé.

En conclusion de cette consultation, j’en suis ressorti avec une lettre du protocole pour mon médecin qui dresse l’inventaire des informations qui m’ont été données et que je vous ai détaillées dans cet épisode, en signifiant que je les ai comprises et que j’ai surtout compris leur impact et les précautions que je devais prendre.

Je me suis senti, en effet, bien informé et avec la sensation d’avoir été écouté.

Mais il est temps de faire un bon de trois semaines jusqu’à l’intervention.